Jean Moulin

Jean Moulin

Ecriture petite, descendante, fine, légère, groupée, combinée, remplie de blancs, incisive, inégale de proportion, claire,organisée,sobre, tachée, liée.Jean Moulin était un homme torturé, à l’émotivité exceptionnellement aiguisée, vibrante, déchirante, en souffrance permanente.Un homme très riche en qualités de coeur, en sensibilité parfois exacerbée, en écoute permanente des autres, se donnant à fond pour les autres, doté d’une fidélité à toute épreuve. C’était un émotif, non actif, secondaire c’est à dire qu’il faisait partie des sentimentaux. Il avait du sentimental son extrême vulnérabilité, son ruminement de son passé, son besoin de bien faire et de faire le plus possible pour ce qu’on lui demandait. C’était un homme de services aux qualités humaines remarquables.Très introverti il ne se confiait que rarement. Son cercle d’amis était restreint mais il lui accordait une confiance sans limite. Parfois naïf il voyait dans chaque personne essentiellement le bon côté des choses. Très peu méfiant il ne parvenait à comprendre ou à déceler de la méchanceté, de l’agressivité, de la trahison chez les autres.Il réfléchissait énormément, se repliant fréquemment sur lui-même, passant de longues heures à méditer et tardait à prendre une décision. Ce n’était pas un meneur d’hommes.Il était plutôt méthodique,capable d’échafauder des plans et des projets, de bâtir l’avenir des autres mais il était trop vulnérable pour diriger un conseil national de la résistance qui devait créer les conditions de la défaite allemande.Perdu dans une Histoire trop grande pour lui il faisait tout ce qu’il pouvait pour remplir les fonctions qu’on lui avait confiées mais il se sentait pris dans un engrenage et hésitait trop fréquemment à prendre des décisions.Souvent seul, renfermé, ayant constamment peur de se tromper, il avait du mal à s’adapter aux conditions de son époque.Homme d’une intégrité sans faille, d’une grande intelligence, il se réfugiait fréquemment dans son monde intérieur dans lequel il pouvait méditer à profusion.La solitude lui pesait beaucoup. Il se sentait investi d’une mission trop grande à laquelle il voulait néanmoins consacrer sa vie. Trop souvent naïf il accordait trop facilement sa confiance. Homme d’un grand courage il préférait mourir que trahir.Ses capacités d’analyse très fortes lui permettaient de deviner les autres, de les”sentir”, de les comprendre et de les aimer.Il se dévouait corps et âme au destin qui était le sien même si fréquemment il comprenait que ce destin lui serait tragique.C’était un homme extrêmement attachant qui aurait été précieux en tant qu’homme d’appareil mais non en chef de la résistance en France. Cette naïveté qui trop souvent l’habitait lui faisait prendre peu de précautions car il avait tendance à croire à la générosité et à la fidélité des autres et cela eut les conséquences que l’on connaît.Sa famille comptait énormément pour lui. Elle composait un ressourcement permanent.Et comme il se fatiguait très vite, surtout à cause d’immenses responsabilités dont il ne se sentait pas digne, cette famille représentait son ultime soutien et le cheminement de toutes ses pensées.Taciturne, peu bavard, il manquait d’élans et malgré le poste qu’il occupait sa confiance en lui était limitée. L’Histoire lui est tombée dessus mais lui n’était pas prêt à composer cette Histoire.Sa vie était beaucoup faite de réflexions, de recherches de lui-même, voire même d’hésitations et il n’a réussi à mener à bien son rôle de chef de la résistance qu’en composant avec un mécanisme de défense appelé la compensation qui l’élevait au-dessus de lui-même.D’une exceptionnelle moralité, très exigeant surtout envers lui-même, il n’est pas étonnant qu’il mourut sans avoir rien révélé de ses secrets. Sa dignité, son sens de l’honneur, ses capacités de sacrifice le grandissent encore plus.Sa ligne de base est très fluctuante, preuve de ses hésitations permanentes et de son déchirement constant, preuve aussi de craindre de décevoir et de ne pas se montrer digne de la confiance qu’on avait mise en lui,son MOI est terriblement torturé, ses espaces du haut et du bas sont quasiment inexistants et son mouvement, même haché, est toujours tiré vers la droite c’est à dire vers les autres.La pensée est sa fonction principale mais la sensation est une fonction inférieure terriblement active dans un inconscient déchiré et le sentiment joue aussi un rôle très actif en fonction auxiliaire.C’était un vénusien bien teinté d’un mars puissant.