Danton

Danton

Ecriture sans proportion, sans clarté, sans simplicité ni sobriété. Les hyperliaisons sont très nombreuses et à aucun moment justifiées. La fougue, l’impétuosité dominent totalement. Son exubérance est extrême.

Intense, avec des inégalités criantes, cette écriture est emportée par une tempête qui rendait son auteur très violent. Autoritaire, dogmatique, il voulait en imposer à tout le monde. Extraordinairement orgueilleux, imbu de sa personne, avide de tout, il vivait presque exclusivement dans le présent sur lequel il imprégnait la marque de sa personnalité envahissante.Son écriture très appuyée, très nourrie démontre sa sensualité débordante mais une sensualité qui ne pouvait s’assouvir qu’à de nombreuses sources. En principe rien ne semblait pouvoir lui résister. Peu charitable il se montrait capricieux, exigeant, ne ménageant personne.Ses étalements considérables traduisent sa volonté d’occuper seul le devant de la scène. Il ne supportait ni la concurrence ni la contradiction. La vie des autres n’avait que peu de valeur à ses yeux. Son orgueil était hors du commun. A la différence de Robespierre ou de Saint Just par exemple il se servait de la Révolution au lieu de la servir. Il voulait accumuler une richesse colossale et ne vivait que pour satisfaire ses énormes envies.Sa zone médiane est quasiment la seule zone dans laquelle évolue un MOI explosif et exclusif.Emotif, Actif, Primaire Danton était un colérique orateur mais à la différence de Gambetta par exemple il ne clamait que pour qu’on entende sa voix, pour mieux satisfaire son Ego, pour jouir des applaudissements d’une foule qu’il n’a jamais comprise ni cherché à comprendre. L’espace est totalement occupé par son écriture. Il se moquait du passé ou de l’avenir. Seul le présent comptait pour lui. Et le présent c’était cette Révolution qui arrivait à point nommé pour le servir. En examinant attentivement les petits signes on peut noter les brusques retournements en arrière de certaines lettres très acérées. On comprend mieux ces mouvements régressifs dès lors que l’on analyse la désorganisation de cette écriture, une désorganisation pathologique. Il suffit de s’en convaincre en examinant cette signature provocante, démesurément surélevée, hautaine et occupant l’essentiel du script. En fait Danton souffrait de vives angoisses que son activisme voulait cacher. Il était atteint d’un déni mythomaniaque qui lui donnait le sentiment d’être en mesure de tout entreprendre. Ce déni était une sorte de gestion de ses conflits psychiques, traumatiques et le recours à l’action constituait une obligation pour oblitérer une réflexion décadente et des affects mal ou pas du tout vécus. La mythomanie est une fuite en avant pour cacher des impuissances et des traumatismes récurrents. La fin de sa vie fut en quelque sorte une délivrance pour cet homme qui a tout fait pour vivre à toute vitesse, conscient de ses faiblesses. D’ailleurs, si la Sensation était sa fonction principale, le Sentiment était une fonction inférieure extrêmement active dans son Inconscient.

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