Freud

Ecriture compliquée, hyper liée, rapide, inclinée, enchevêtrée, tremblante, désorganisée, pâteuse, acérée, à rebours, noircie, régressive, lancée. Freud était un homme torturé à l’esprit très synthétique et à la vision de la vie étroite et étriquée. Très borné, arc-bouté sur ses idées,il n’en changeait que s’il y était contraint. De type émotif, actif, secondaire il faisait partie des passionnés tourmentés. Toute sa vie il traîna un mal de vivre récurrent et son immense activité lui servit en quelque sorte de compensation mais on s’apercevra au cours de cette analyse que Freud utilisa un grand nombre de mécanismes de défense. Très irritable, très exigeant, irascible,susceptible,n’acceptant pas la contradiction il se targuait d’avoir toujours raison. Aucun passionné étudié n’a autant que lui utilisé les autres comme des objets qui ne devaient qu’approuver ses idées qu’il ne remit en question qu’une seule fois quand il rencontra le jeune Hans et qu’il comprit que sa première topique était fausse. De là sont nées ses trois instances majeures, le ça, le moi et le surmoi, sa pulsion de vie et de mort et une très légère égratignure à son tout sexuel qui fut le crédo de toute sa vie.Nature extrêmement possessive il se voulait le chef d’orchestre d’une partition nouvelle appelée psychanalyse et il refusa d’entendre Jung avec lequel il se fâcha en 1913 et même Adler qui lui resta fidèle tout en ne partageant pas toutes ses options. Sûr de ses convictions il ne voulait pas en discuter avec les autres mais les faire approuver sans discussion.Très autoritaire, très dur envers les autres il se coupa de presque tout le monde et même de sa fille Anna qui devint une grande psychanalyste à l’origine de la découverte des principaux mécanismes de défense.Freud associait tellement de théories à la fois qu’à la fin il ne savait même pas lui-même ce qu’il avait voulu dire. C’est pourquoi il s’accrocha à quelques idées majeures qui composent une des bases de la Psychologie moderne. Il apporta indiscutablement à la science psychologique qui végétait depuis tellement de décennies un plus, des valeurs nouvelles,des dogmes, une structure qui représentent autant de points cardinaux sur lesquels s’appuyèrent ceux qui le suivirent mais si son apport est incontestable il est non moins vrai que toutes ses théories ne sont pas acceptables. Or, refusant toute contradiction, Freud ne se remit en cause qu’une seule fois à propos du jeune Hans.Ses traits lancés et tremblants, ces mots qui se chevauchent en s’entremêlant,ses jambages longs mais sans vraiment de consistance, la pâtosité de ses traits,tout témoigne d’une violente névrose narcissique et obsessionnelle à tendance paranoïde, Pour survivre Freud utilisa un grand nombre de mécanismes de défense.Il est essentiel de bien comprendre ce qu’est un mécanisme de défense.Il s’agit de l’utilisation par l’inconscient d’un système qui permet de diminuer, voire de supprimer momentanément des angoisses extrêmes nés de conflits psychiques entre le moi et les valeurs morales ou sociétales en vigueur à ce moment.Ces mécanismes de défense se paient très chers car ils sont extrêmement dévoreurs d’énergie et on voit bien dans l’écriture de Freud combien il souffrait. Aucun trait ne possédait une consistance franche, tout était tordu, arraché, inhibé à l’extrême, ses lancements étaient épais, par moments son script semblait s’arrêter, les enchevêtrements traduisaient ce conflit intérieur et son mal de vivre.Pour échapper à ce mal de vivre Freud faisait de l’action son mode de vie.Il était hyper actif, cherchant toujours de nouvelles idées, les comparant non à celles des autres mais à ses propres idées.Il vivait beaucoup en circuit fermé.Son action devait déboucher sur des actions pratiques mais toujours appliquées à sa seule méthode psychanalytique.Ses mécanismes de défense furent le refoulement(qui est le seul qu’il ait accepté de son vivant malgré les supplications de sa fille Anna),la compensation, le déni qui lui permettait de conserver la main mise sur ses idées mais quand les forces viennent à manquer ces mécanismes de défense perdent de leur efficacité et deviennent pathogènes, agrandissant le mal de vivre de Freud qui apparaît avec un si grande évidence dans son écriture.Il n’en demeure pas moins que son immense mérite est d’avoir existé et d’avoir le premier pressenti l’existence d’une nouvelle psychologie qui traiterait des névroses, ces conflits intérieurs entre conscient et inconscient.Plus rien ne fut pareil après Freud mais cet homme souffra jusqu’au bout d’un délire paranoïaque qui ne lui permit pas de faire mieux et plus avancer ses idées. Sa ligne de base est torturée et torturée est un doux euphémisme, son espace du bas en arrondi, sans véritable consistance, ses valeurs matérielles, son sens du monde terrien, sa masculinité étaient en permanence présentes en lui mais toujours additionnées de conflits intérieurs.Le mouvement général est un mouvement vers la droite, c’est à dire vers les autres, vers la connaissance des autres et cette connaissance fut la base de son existence.Son Moi est très mal assis, chahuté, débordé et prisonnier des nombreux mécanismes de défense.La pensée est bien entendu sa fonction principale avec l’intuition en fonction inférieure dans un inconscient torturé. C’était un martien pur.