Berlioz

Berlioz

Ecriture petite, vibrante, resserrée, intense, hyper liée, lancée, combinée, très inhibée, sinueuse, inégale de direction, de dimension, lente.On est tout de suite frappé par la constante des marges très larges. La marge de gauche symbolisant le passé et celle de droite symbolisant l’avenir.Berlioz était un homme torturé, balbutiant sa vie plus qu’il ne la vivait, appréhendant un avenir qu’il entrevoyait mal et rejetant un passé perturbant. Très émotif, non actif, secondaire c’était le sentimental type qui conserve ses émotions, les ressasse,se rétracte derrière elles, avance dans la vie avec crainte et des autres et de lui-même. Il était extrêmement vulnérable. Très introverti il communiquait mal avec son entourage, se repliant sur lui-même, vivant dans sa coquille et ne souriant que rarement.Fidèle autant en amitié qu’en amour il avait cependant peu d’amis et ne connaissait que peu l’amour.Il ruminait sans cesse des pensées parfois morbides, méditait sans cesse, réfléchissant bien plus qu’agissant, ne passant que très rarement à l’action et échouant la plupart du temps dans ses tentatives.Maladroit, mélancolique, modeste, ne participant à la vie qu’en de rares occasions, sa tendance à la déprime, voire à la dépression était grande.Son écriture dansante semblait inerte, ne sachant quelle direction prendre et les inégalités dans tous les domaines étaient nombreuses.Méfiant, renfermé, il craignait le monde extérieur et la rencontre avec les autres.Ses hyper liaisons dénotent un besoin de convivialité, une recherche de communication quasiment tout le temps avorté. Son mal de vivre lui collait à la peau. Peu en prise avec le présent il se tournait vers le passé mais ce passé l’effrayait aussi.Le monde intérieur était son seul monde dans lequel il se sentait protégé, rassuré un petit peu mais cela le coupait encore plus des autres. Très taciturne,il manquait cruellement de confiance en lui-même, il était pusillanime, timoré, un accidenté de la vie et se tenait constamment à l’écart du monde des vivants.Les sentimentaux sont très souvent de purs artistes qui ne vivent que pour bâtir une oeuvre et seule cette oeuvre leur procure plaisir et bonheur. Très rétracté Berlioz ne vivait que dans l’imaginaire, dans l’abstraction de toute référence à l’extérieur, dans l’ombre de cette création artistique. Il se contentait du strict nécessaire pour vivre, c’était un ascète à la sexualité défaillante et discret quand aux différents plaisirs de la vie. Très moral il s’accrochait à un sens des valeurs qui lui était propre.Son inactivité laissait le champ libre à un envahissement de ses sentiments.Cette dilution totale de son MOI le rendait accessible à tout ce qui fourmillait en lui car il était habité très violemment par le génie artistique et comme c’était le seul domaine dans lequel il pouvait s’exprimer il s’exprimait avec un talent remarquable. C’était un pur génie qui se donna complètement à une oeuvre colossale dans laquelle il put exprimer son mal de vivre et son besoin des autres et de cette recherche des autres.Son imagination compensait tous ses nombreux manques dans la vie et l’élevait au-dessus même de ses possibilités et de ses capacités. C’était son oxygène qui lui permettait de vivre et il s’y accrochait avec une soif géante. Sa force intérieure était immense,à la mesure de l’inexistence de sa vie extérieure. Sa musique potentialisait tout ce qui lui manquait ailleurs et il pouvait alors donner libre cours à une création gigantesque qui a marqué son époque.Il s’excusait presque de vivre mais quand il composait il devenait un homme à la puissance grandiose et fantastique qui construisit une oeuvre fine et dense dans laquelle il exprimait son MOI profond.Sa ligne de base extrêmement fluctuante témoignait d’un MOI très dévalué, très mal construit.Ses nombreux lancements traduisaient l’impuissance de son action dans le monde des vivants mais également son irritation devant son impossibilité à communiquer autrement qu’au travers de sa musique. Ses profondes inhibitions montraient à quel point était grand son mal de vivre mais sans ce mal de vivre aurait-il composé autant de chefs d’oeuvres? En étudiant l’écriture des sentimentaux on se rend compte que tous compensent dans leurs oeuvres artistiques leur manque de vie et de vigueur dans l’univers des humains qu’ils avaient beaucoup de mal à comprendre. Ceci est à la base de leur si grande vulnérabilité.Le sentiment était sa fonction principale avec l’intuition en fonction inférieure dans un inconscient torturé qui le torturait constamment.C’était un vénusien à peine teinté d’un peu de mars.